Sixième partie...

Tous les couloirs se ressemblent...

Tout le monde essaye de fuir, je sais pas pourquoi moi je reste...

Autre porte à ouvrir...

Comme s'il n'y avait plus de danger...

Personne à l'interieur...

Pourtant j'ai l'impression que je suis chez-moi...

Un lit et des affaires éparpillées tout autour...

Des cendriers, des bouteilles...

Vides et pleines...

Pleins...

Les mêmes poster aux murs...

Comme si on avait voulu tout reconstituer de toutes pièces...

Mon chez-moi tel que je l'avais laissé...

Champion les décorateurs !

Mais c'était trop silencieux...

Trop pas normal...

Je m'allonge et fixe les croutes de peinture au plafond...

Qui se détachent au fur et à mesure...

Elles tombent doucement au sol comme des feuilles mortes...

J'ai soif...

Mais je bois pas...

Je m'endors...

Comme ça...

Cet immeuble represente un peu toute ma vie...

Tout le monde se tire...

Et je reste seul au milieu de tous les débris...

Comme un meuble...

Qui n'a pas la conscience d'être un meuble...

Lui-même...

Mais a juste la fonction d'être utile à quelque chose...

Mais sans sa fonction il n' a plus d'intérêt, non ?

Mais là  c'était pareil aussi...

L'impression de m'enfoncer dans les draps...

De me noyer dans les couvertures...

D'étouffer sous les coussins de plumes...

De m'étrangler dans tous ses bouts de tissus...

La température monte et je sens ma peau glisser le long de moi comme des serpents...

On tape à la porte...

Service d'étage !

J'ai rien commandé !

Laissez-moi tranquille...

La porte s'entrebaille...

Une main aux ongles noirs et longs se faufile suivi d'un bras décharné, enrubanné de bandes, suivi d'une épaule, et d'une tête abominable...

Service de chambre Mossieur...

La tête de la bonne femme est toute frippée comme les innombrables couches et superpositions de tissus qui l'habillent...

Elle pousse un landeau à l'intérieur de la chambre...

Mossssieur...

Elle laisse bien siffler les S...

Elle insiste, se déplace doucement et sans bruit...

Les roues ont du mal à glisser le long des tapis et moquettes...

Mais au fur et à mesure qu'elle s'avance de moi dans ma tête résonne une sonnerie stridente...

Elle se décompose lentement...

A chacun de ses pas...

Tout tombe delicieusement dans son cadis...

J'ai peur...

Non faut pas avoir peur...

Je suis juste venu récuperer cette peau qui n'est pas à toi...

Tout va bien !

Ne vous inquietez pas...

Ca fera pas mal...

Non !

Reveil brutal...

Sueurs froides...

Je suis à nouveau au volant de mon fourgon sur le bas côté de la route...

Tout va bien...

Enfin, je crois...

Fin de la sixième partie...

...

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